Montmelas jeudi 29 Mai 2025

 

En ce jeudi de l’Ascension ,11 marcheurs en tenue estivale , shorts , casquettes, lunettes de soleil (les gambettes sont encore bien blanches) prennent la direction du Beaujolais plus exactement de Montmelas St Sorlin dans le Rhône à 10 km de Villefranche .

L’église aux tuiles vernissées et le parking de l’école sont notre point de départ .Sur un éperon rocheux le château de Montmelas surplombe la plaine et les vignobles . Cet édifice construit au 12e siècle est lié à l’histoire des sires de Beaujeu , remanié à plusieurs reprises il a su garder des éléments médiévaux ( donjon , tours , remparts , créneaux ) il a été aussi une ancienne garnison . C’est une propriété privée tenue par la famille d’Harcourt . Gîte , chambre d’hôtes , séminaires ,mais aussi domaine viticole . Nous longeons le parc boisé de 20 ha entouré d’une immense muraille en très bon état . Les tours ne sont pas encore éclairées par les rayons du soleil et sont encore dans l’ombre ce qui donne un air sinistre à cette forteresse ; heureusement les corbeaux ne planent pas au dessus des clochetons !

Nous débouchons sur la place du tilleul de Sully ( ministre de Henri IV qui avait décidé de planter ces arbres sur les places ou devant les églises ).Il a plus de 400ans alors il est en partie creux de l’intérieur mais il n’a pas besoin d’être tuteuré comme à Journans ou à Pérouges .!Nous descendons dans les vignes et soudain Jean Claude s’aperçoit qu’il a oublié ses bâtons là haut , un aller retour à vive allure et du dénivelé en plus çà réchauffe !

Nous atteignons le bas de la côte au pied de la carrière de Gorrh rouge de St Julien de Montmelas . Dans les années 60 on extrayait du gravier rouge utilisé pour les jeux de boules , les cours . Le site a fermé en 1995 . Nous remontons la colline sur un sentier en lacets en admirant la flore ( digitales ) et le paysage vallonné .

De nombreux hameaux sont disséminés à flanc de coteaux . Nous suivons le balisage avec comme signes des bouteilles ou des tire bouchons ( çà donne soif !) Arrivés en haut du Montoux nous découvrons une croix et une madone prises dans un bosquet de buis brûlés par la pyrale . Les terrains sont arides , les vignes s’accrochent aux pentes et au milieu de ces landes : un petit paradis ( les aboiements de chiens nous effraient un peu mais ils sont attachés ) le sentier passant devant une maison avec un jardin en terrasses .Les oeillets de poètes roses , violets , mauves illuminent ces terres brûlées et le potager est magnifique . Le propriétaire est charmant , c’est un vrai passionné . Nous poursuivons sur des sentiers balcons ou sur des petites routes qui desservent des domaines au milieu de nulle part .

La faim commence à titiller les estomacs , nous sommes à la recherche d’un lieu propice pour nous poser ; ce sera au pied d’une maison inhabitée . La reprise fait mal car elle commence par une montée raide ( normal nous sommes le jour de l’ascension )

Plaisir de retrouver un replat ombragé dans les forêts de feuillus et de résineux ambiance feutrée appréciée aussi par les sangliers vu leurs traces récentes dixit Gégé notre chasseur expérimenté .Sans transition nous débouchons sur le site  » au fil des arbres  » parcours accrobranches de Blacé très prisé en ce week end férié . Beaucoup d’enfants et leurs parents ; les parcours ne sont pas adaptés pour les mimirandonneurs ( trop hauts , trop bas ) chacun son sport nous c’est la marche .

Nous suivons la route jusqu’au col de Bonnet , plus que 400m pour atteindre l’objectif de la journée : la chapelle St Bonnet .( 676 m) isolée sur la colline  Elle offre une vue panoramique sur le Val de Saône et les Alpes . C’était un lieu de pèlerinage très suivi pour préserver le bétail de la maladie et St Bonnet avait la réputation de guérir les maux de tête et la goutte . Après avoir pris le temps de contempler le paysage et de se reposer nous abordons une descente abrupte dans les cailloux qui rejoint la route et nous conduit au cimetière pour voir la chapelle funéraire de la famille d’Harcourt au style byzantin .

Nous déambulons dans les rues du village au milieu des maisons aux pierres dorées et sous la chaleur nous retrouvons les voitures . Verdict de la rando : 15 km D 450 m Maintenant il va falloir se réhydrater mais en ce jeudi férié pas facile de trouver un bistro d’ouvert !ce sera chez La Rolande à Condeissiat  (merci Nelly tu ne les fais pas ) .

Nb:https://www.chateaudemontmelas.fr

       https://www.mairie-saint-julien69.fr/decouvrir/carriere/



 

Cuiseaux jeudi 15 mai 2025

 

Ce jeudi 15 Mai nous prenons la direction du Jura plus exactement de la Saône et Loire pour faire étape à Cuiseaux ( 1850 hab ) . Nous sommes 10 à déambuler dans ce village médiéval au pied des premiers contreforts du Jura entre plaine et montagne .

Au fil des ruelles nous découvrons l’ancien hôpital ( en réfection ), arcades , maisons vigneronnes et maisons à échaugettes , lavoirs , ( grand lavoir collecteur ) fontaines , église St Thomas aux jolis vitraux , châteaux des princes d’Orange, musées ( biennale des arts ) . Il suffit de lever les yeux pour apercevoir des détails architecturaux . Cuiseaux est la cité des peintres ( Edouard Vuillard et Pierre Puvis de Chavannes ) mais c’était aussi le siège de l’entreprise familiale des Ets Morey ( charcuteries , salaisons ) qui embauchait jusqu’à 2000 pers . Après un dépôt de bilan en 1986 elle a été rachetée en 1996 par la société Bigard ( abattoir à grande échelle , 2300 bovins par semaine en 2022 ) . Nous quittons la bourgade par la porte monumentale du Verger , vestiges des remparts qui ceinturaient la ville .

Le soleil nous éblouitmais ne nous empêche pas de voir les flancs de la montagne , il va falloir grimper . Nous passons devant le cimetière et sa chapelle et nous attaquons une montée ombragée régulière sur 2 km en ne cherchant pas à se mettre dans le  » rouge » immédiatement . Le replat du lieu dit de Marie est le bienvenu tout de même . Nous dominons la Bresse mais l’horizon est  » brouilleux  » , les prairies sont bien fleuries et le foin est abondant 

A nouveau en file indienne nous suivons des traces forestières mais pour éviter une portion de route goudronnée nous ne passons pas,à mon grand regret, devant l’ancien relais ORTF désaffecté  . Par contre nous aboutissons sur une cabane de chasse grand standing ; une vraie auberge ! Encore une petit raidillon et c’est l’heure de manger ; une fois de plus des troncs d’arbre nous serviront de bancs , le nouveau relais de télé est juste en face .

Nous repartons tout revigoré sur des chemins au milieu des bois , boueux par endroit, mais assez larges ce qui facilite les bavardages et bientôt nous accédons au belvédère de la croix de Gizia bien connu de certains marcheurs . Le paysage de la reculée est toujours aussi attrayant et le site est bien entretenu . Nous longeons les falaises en forêt mais cette fois nous ne débusquerons pas des chamois .

Nous ressortons en haut du monastère de Châtel , ancien prieuré bénédictin lié à l’abbaye de Gigny . Les maisons de Châtel se composent de plusieurs résidences à visées religieuses ; les 4 soeurs de l’Alliance sont garantes de ces lieux . les bâtiments peuvent recevoir des groupes ; séjours sportifs , culturels , familles etc la maison de retraite a fermé depuis le COVID et héberge des Ukrainiens depuis 2023 . Nous faisons notre pélèrinage en montant à l’église St Etienne , nous sommes dans un environnement propre au recueillement ( madones ,croix , statues , oratoire ) , l’ensemble est bien entretenu mais désert 

Après ces moments de contemplation nous reprenons notre périple jusqu’à Chevreaux ( Jura) , le printemps nous offre ses premières chaleurs et nous apprécions les parties ombragées de la route . Nous gravissons la colline pour atteindre les vestiges du Château de Chevreaux . L’association des Amis de Chevreaux Chatel poursuit la restauration et organise des fêtes durant l’année . Nous admirons la vue sur la région depuis les murailles et bien sûr nous escaladons les marches de la prison pour mieux dominer depuis le balcon en bois cet univers historique .

Maintenant c’est facile il faut redescendre entre bois et prairies , quelques vignes subsistent , les fenaisons débutent , les cerisiers rougissent : non ce n’est pas un épouvantail mais un homme en train de ramasser de belles cerises dans son panier , çà fait envie ! Nous abordons le « Cuiseaux moderne » avec son collège , son flamboyant EHPAD , son foyer logement , maison de santé . Nous terminons la rando sur une note positive ; un gentil gamin veut à tout prix nous faire essayer son buggy à moteur .

Nous déclinons son invitation car pour entrer et ressortir de cet engin cela aurait pu poser des problèmes mais il est déçu ! Nous sommes un peu fatigués : 18km D 500m mais fiers d’avoir encore pu le faire ! cela mérite une récompense ……..petite mousse à Coligny .



 

La Godillotte jeudi 8 Mai 2025

Les sites météos consultés maintes fois sont unanimes : temps gris , risque d’averses en fin d’après midi ;  » çà devrait tenir  » . 11 randonneurs ont décidé  » quoiqu’il en coûte  » de prendre la direction de St Lupicin dans le Jura à proximité de St Claude pour participer à une rando organisée : la Godillotte du Plateau . Les parkings sont remplis , nous ne sommes pas les premiers à arriver car il faut compter 1h30 de trajet . Nous retrouvons le site des Ecuriats et l’ambiance chaleureuse des inscriptions avec une multitude de gâteaux . Nous posons sous l’arche de départ à la demande d’un photographe local  » Halte là , Halte là les Bressans sont là  » et c’est parti pour les 15 km en suivant les rubans de chantier jaunes et rouges .

Nous traversons les rues de St Lupicin ( moine de l’abbaye de St Claude ) église, parcs, écoles .Depuis sa fusion avec Cuttura la commune a pris le nom de Coteau du Lizon ( 2360 hab ). L’usine Bourbon depuis 1920 a contribué à sa renommée en fabriquant des objets en bois , en os, en ivoire ,puis des articles de bureau , stylos , maquettes d’avion à des fins publicitaires , rachetée en 2011 par le groupe plastivore pour se spécialiser dans des pièces autos sophistiquées . Petit à petit nous quittons le goudron pour suivre des sentiers humides et détrempés pour descendre à pic sur les gorges du Lizon . Les bâtons sont les bienvenus pour ménager nos genoux arthrosés , les pantalons de certains marcheurs sont  » chocolatés  » quand on se regroupe sur le pont bleu . Qui a glissé ? facile à savoir . Le torrent est bouillonnant et dégringole dans des ravins encaissés .

Maintenant il va falloir remonter ( joies de la rando ) jusqu’au village de Ponthoux : chacun son rythme , plusieurs virages permettent de se rassembler de se réhydrater et d’enlever des vestes car tout le monde transpire .Les traces sont toujours aussi glissantes mais en montée nous sommes moins stressés . Un peu plus de luminosité filtre à travers les feuillages , nous arrivons en vue des premières maisons du village .

Nous découvrons le paysage de la vallée de la Bienne avec ses vallons pris dans les bois , très peu de prés . Les moines de St Claude pourraient revenir défricher la région ! Quel plaisir de marcher sur le bitume au milieu de vieilles maisons en pierres mais à nouveau nous pénétrons dans les forêts moussues et fantasmagoriques , les sapins scolytés réduits à l’état de squelettes ajoutent encore une touche lugubre . Heureusement nos bavardages et le chant des oiseaux égaient cet univers sylvestre . Grimpettes, descentes se succèdent , cela en deviendrait monotone heureusement nous débouchons sur le chapiteau du premier ravito .

Nous reprenons des forces au pied d’un monticule de grumes de sapins , le temps de discuter avec les bénévoles et c’est reparti jusqu’au belvédère du Jai  Les dernières montées sont éprouvantes et c’est avec plaisir que nous nous installons sur une table de pique nique sous un rayon de soleil qui illumine le plateau et nous permet de repérer les villages de Cuttura, St Lupicin, Lavans . L’appétit vient en mangeant et c’est l’estomac bien rempli que nous reprenons notre périple toujours en forêt mais en profil légèrement descendant . Nous nous payons encore une rude montée sur une route forestière avant de plonger sur le plan d’eau de Ravilloles .

La pente est raide et équipée de cordes et çà glisse mais personne ne chute . Nous longeons le lac en phase de remplissage jusqu’au deuxième ravito situé sous la cabane propice aux fêtes du 14 juillet . Les bénévoles sont toujours en faction et attendent les derniers randonneurs ( il y en a encore derrière nous ) , en insistant un peu , une bouteille est même ouverte en notre honneur . Après cette petite halte nous empruntons la passerelle métallique de ce barrage construit en 1910 sur le Lizon pour produire de l’électricité pour les ateliers de tourneries situés en aval .

Il est susceptible d’être détruit car il ne répond plus aux normes actuelles et ses assises donnent des signes de fatigue et l’EDF ne veut pas investir dans des travaux . Ce n’est pas sans peine que nous gravissons la colline de Ravilloles ! nous visitons ce petit bourg de 500 hab réputé pour ses tourneries ( boutons en bois ,toupies , yoyos ) . Il a été redynamisé avec la création de l’atelier des «  »Savoir Faire  » installé dans l’ancienne usine Bourbon . Il permet de faire connaitre les métiers d’arts régionaux ( tournerie, émail, boissellerie, lapidaire, poterie etc ) .

Nous suivons une partie du sentier des  » Savoir faire  » jalonné de mains baladeuses ( attention les filles ) mais non c’est de l’ART .

Le parcours est aménagé de marches et d’un platelage ( pont toupie ) et suit le torrent jusqu’au barrage de Cuttura . Ce barrage réservoir a été établi en 1903 par la société des frères Tournier ( comme celui de Ravilloles ) , industriels ingénieux originaires de Morez . Il permettait de retenir les eaux du Lizon lors des crues , de les répartir dans les ateliers de tourneries et de produire de l’électricité pour les communes voisines .

L’ancienne tournerie de pipes dont la roue à augets est visible depuis une vitre au sol est restaurée par l’association des amis de la roue du Lizon . Poursuite sur des chemins empierrés et bientôt les premières maisons émergent des frondaisons ; çà sent l’écurie ! L’arche de départ vient d’être dégonflé , les bénévoles plient les tables quand les Bressans arrivent .

Le président se fait un devoir de nous offrir un article souvenir et c’est sous quelques gouttes de pluie que nous regagnons les voitures . Nous sommes fiers d’avoir parcouru 17 km dans une ambiance chaleureuse , sur des terrains escarpés l’entraide a bien fonctionné notre devise : Tous ensemble , tous ensemble !