St Eloi jeudi 26 Mars 2026

La menace d’une météo un peu capricieuse,le temps de trajet,les malades,les blessés,les RDV,nous sommes 8 a vouloir  randonner pour la première fois à St Eloi.Ce petit village de moins de 600 habitants est bien structuré et se situe à la frontière du plateau des Dombes et de la Côtière.Un beau parking proche de l’école,de la garderie,d’un city-stade et d’une hall ouverte fera l’affaire.Nous sommes proches de Meximieux et de Pérouges.Un château d’eau sera notre seul point de repère de l’après-midi,ce qui veut dire aussi que l’on est sur une hauteur!

Un large chemin et déjà un premier étang se présente à nous avec comme horizon de gros nuages noirs qui défilent à toute vitesse….Joli fond d’écran avec quelques belles photos que Nelly va se charger de nous procurer.Un ancien balisage inédit sur un sapin nous interpelle:nous sommes sur un chemin de pèlerinage qui va de Vézelay à St François d’Assise et qui passe à Ars.Un groupe rencontré est-il sur cette voie?

Et l’on croise aussi une installation insolite qui permet d’épancher du lisier au plus près du sol avec une rampe pour éviter le lessivage en cas de pluie et ….sans odeur persistante! Renseignements pris,c’est la CUMA de Servas qui fait ce genre de travail.

Avec le vent dans le dos nous progressons d’un bon pas avec pas mal d’étendues d’eau par-ci-par-là .Sans prévenir du grésil rebondit sur le sol,sur nos capuches quelques instants sans nous perturber plus que ça pour arriver à la limite de la commune de Pèrouges.Là changement de cap,virage à 180° ce qui veut dire aussi bise dans le nez!Nous abordons les hameaux de La Glaye et du Mas Pussier avec vue partiellement dégagée sur les montagnes au-dessus de Lagnieu blanchies par la neige récente…La descente d’un vallon bien abrité avec une profusion d’ail des ours permettra-t-elle de vérifier la légende qui dit cette plante éloigne les vampires?

En tout cas dans le creux de ce havre de paix coule un bief:le Longevent classé en 1ère catégorie de pêche.Une bonne remontée et tout là-haut Éole n’a pas fermé les vannes!Ne nous attardons pas devant un portail d’un autre âge et filons droit devant.Ce qui n’empêche pas à Brigitte de remarquer:

-« Roger,on est déjà venu ici,Gilbert on est où? »- Au domaine de la Grive!…Les Berthiller en cœur:-« mais on a des amis qui habitent dans cette maison! ». Et là,un monsieur débouche en 4×4 d’un chemin empierré.C’est Christian ,la connaissance de nos collègues qui est au volant!Quel hasard….Les salutations faites,on est invité à boire  à l’abri du froid ,au domaine.Dans la cour tout est nickel et les conversations s’engagent naturellement.A l’évocation de Montcet,le couple se souvient très bien  d’une visite dans les poulaillers de Michel à Iselet pour les volailles label rouge.Ça tombe bien,son épouse Florence est parmi nous,le monde est décidément bien petit.

La maitresse de maison nous sert café et infusion dans une pièce de cette vaste bâtisse qui a servi de résidence à de riches passementiers et soyeux lyonnais :les familles Fournier et Perrin.Parmi eux un certain Marie-Louis-Jean Perrin dit Sainte-Marie Perrin, maître d’œuvre de Bossan, architecte de Fourvière et de la basilique d’Ars. Pour la petite histoire, la fille de Sainte-Marie Perrin, prénommée Reine fut l’épouse de Paul Claudel.
La famille Fournier a habité la Grive. Ils furent également propriétaires de l’école religieuse de filles de Saint Eloi. La nièce de Mr Fournier, Pauline Jaricot, était religieuse. Elle a fait des séjours à la Grive. Cette religieuse est bien connue à Lyon pour avoir secouru et soigné les canuts durant les révoltes. Elle a été béatifiée en 2022 pour la fondation de “l’œuvre de la propagation de la foi”.

Mais il faut repartir.Le choc thermique nous ramène à la réalité.les capuches sont de rigueur pour observer dans le parc animalier voisin les paons qui crient à tue-tête avec un nandou qui nous rend visite.Plus qu’une combe à remonter,un virage à 90° et une averse de grêlons nous surprend et fouette les visages.Heureusement,un bosquet atténue cette giboulée avant la remontada pour atteindre l’église sous le soleil.Une rando qui devait être ordinaire va s’inscrire dans nos mémoires comme le jour où on a mangé les bugnes au château Genoud à Certines!



 

St Trivier/Moignans jeudi 19 Mars 2026

Tout le monde situe St Trivier sur Moignans mais  depuis la création de la rocade qui contourne le village  les automobilistes ignorent cette petite cité  pourtant siège des ETS Bernard ( céréales ) et des cycles Mavic….  Le dernier bistrot a fermé  et cela n’incite pas à s’arrêter .Au lieu de rdv sur la place intimiste de la mairie nous sommes 12 à vouloir découvrir la campagne environnante en longeant la RD 936.Un petit tour par le majestueux monument aux morts,où aucun Poncet ne figure,et c’est derrière des glissières de sécurité que l’on s’enfonce dans un paysage de grandes parcelles agricoles après avoir dépassé un hameau de « ferrailleurs ».

Cela fait maintenant plusieurs années qu’à chaque sortie on voit des haras.Et bien la règle est respectée avec des grandes longueurs de lisse-paddock qui parquent des chevaux de course.Encore quelques hectomètres et nous arrivons au lieu-dit Montagneux.L’église de Montagneux est mentionnée dans les ouvrages dès 944 lorsqu’une dame Gisèle et son fils Hugues en font le don à l’abbaye de Cluny pour le repos de leur époux et père, Bermon, seigneur de Bouligneux.Des textes nous apprennent qu’en 1614, le sanctuaire et le clocher étaient ruinés, qu’il ne restait plus alors que la nef avec un seul autel. Le chœur et l’abside furent alors reconstruits peu après cette date dans le style roman primitif à peine modifié.Le clocher, démoli pendant la révolution, ne fut pas reconstruit. Une des trois cloches de l’église de Saint-Trivier provient de la chapelle de Montagneux.

Un petit tour de l’édifice et un large chemin mi-empierré,mi- herbeux nous fait pénétrer dans un paysage typique des Dombes:de grands champs prêts à être labourés,des taillis pas encore feuillés qui nous permettent d’entre-apercevoir les monts du Beaujolais tout proches!Et même un étang en assec qui permet à Gilles,le spécialiste,d’expliquer à Chantal ( haut doubiste )le fonctionnement des étangs .Encore quelques pas avant d’atteindre à mi-parcours  une route circulante,une méga ferme apparait à notre droite. Une multitude de bâtiments agricoles sont disséminés sur cette exploitation .Nous sommes au petit Romanans au GAEC de la grande Borne.Et la tentative de lier conversation avec un des employés reste succinte: »on élève des vaches pour la viande ».

Le temps de croiser un traileur torse nu et c’est le retour sur des sentiers meubles avec une marche ralentie par le passage des engins qui déversent des tonnes d’effluents odorants.La rivière du Moignans franchie, l’église avec ses 5 clochers et ses 4 sans cloche va guider la fin de la sortie.Il faut dire que le jour de la reco avec un épais brouillard givrant,j’avais eu du mal à m’orienter et j’étais juste pressé de rentrer au bercail…J’avais laissé la partie tourisme pour le jour J.

Et on y est!Situé à l’entrée sud du village et propriété de la commune depuis 2005, cet ensemble architectural de plusieurs bâtiments d’époques diverses des XVII au XIXème siècles est édifié en carrons savoyards (briques), sur les fortifications médiévales de Saint-Trivier sur Moignans  datéess XIV et XVème siècles.En été,souvent des spectacles sons et lumières se déroulent sur l’esplanade.Une partie des fossés a été conservée et un sentier aménagé pour contourner cet ilot.Tour et pigeonnier sont bien conservés avec une ferme en activité qui cohabite avec ces bâtiments chargés d’histoire!Une traboule et nous voilà en face de l’emblème de St Trivier ; en face de nous en parfaite conservation une maison à encorbellement et son puits.L’église est toute proche,alors allons-y…Elle est bien sûr fermée et un petit moment de flottement s’installe pour retrouver le parking.Les 17 heures sonnent mais c’est le clocheton de la mairie qui retentit.Ouf!J’ai juste oublié de vous dire que pour ceux qui suivent The Voice,il y a une quinzaine d’année un enfant du pays ( Louis Delort a été un finaliste de ce concours )..Et les habitants sont des Utingeois(cf article ci-dessous) .

https://www.mairie-sainttriviersurmoignans.fr/histoire-et-tourisme/histoire/



Bellor jeudi 12 mars 2026

 

Trouver la chapelle de Bellor et en revenir n’est pas la chose la plus facile.Il faut dire qu’une fois avalé les grandes lignes droites de Montrevel et Foissiat,la petite route tout à droite serpente entre champs verdoyants et grands corps de fermes abandonnés.Va t’on arriver dans un no man’s land?Et bien que nenni!A la sortie d’un virage,la chapelle de Bellor,nommée aussi chapelle du Prompt secours,apparait.Heureusement que les bas côtés sont bien dégagés pour garer les véhicules!Nous sommes ici à Cormoz,au nord du département en Haute Bresse,certains disent la Bresse profonde en comparaison avec chez nous!

Jean Luc Favier sera notre guide conférencier du jour , il habite juste à côté depuis 70 ans.Ce bénévole dirige un groupe entretenant cet édifice , il va nous raconter son histoire(cf photos dans la galerie) et il a quelques anecdotes à nous narrer.Ayant déjà visité ce site,l’histoire de la mère « voix-voix »(oui-oui)en patois me revient à l’esprit…lorsqu’il l’imite,pliée en deux en train de sarcler et entretenir la conversation avec des Condats venant du Revermont tout proche pour faire les foins et les moissons.Il entretenait des bonnes relations aussi avec Roger Delore ,riche propriétaire bien connu à Vandeins qui avait des « terrains » dans les parages.

Mais Bellor ,c’est surtout un lieu de pèlerinage les premiers dimanches de mai et septembre qui est toujours d’actualité et  a attiré jusqu’à 3000 personnes venues vénérer la Vierge Marie! Il se dit qu’à ces occasions une jeune fille a retrouvé l’usage des ses jambes ,une autre n’a plus eu une maladie de peau,que les soldats lors de la guerre contre les prussiens ont été épargnés….Comme dirait mon ami Gilbert qui habite aussi tout près de là,il y a eu quand même des » trucs bizarres ». Au jeu des questions-réponses,notre interlocuteur nous délivre quelques faits:une personne qui fait le don d’une vierge en bois,un chèque à plusieurs zéros,beaucoup d’offrandes,les relations avec le clergé et l’architecte du patrimoine.Mais que faire de cet argent récolté en sachant que l’association est confrontée aux contraintes administratives . Vous pouvez apporter votre obole en participant à la fête du 17 juillet sous le hangar .Et pour clore les des débats,les 24 randonneurs sont invités à voir la sacristie récemment rénovée.

Bien sûr des cierges sont brûlés en pensant à nos collègues en souffrance actuellement! le Mont Blanc se dessine à l’horizon, cela va faire du bien de se dégourdir les jambes en arpentant pour commencer les bois de Chamandray,là où a débuté l’histoire de Bellor.Les chemins sont encore biens humides mais on a encore rien vu car en descendant dans les « baisses » nos godillots sont crottés de glaise!Ouf,un chemin bien empierré va nous empêcher une galère genre « Col de France ». Le temps de se réorienter grâce à la carrière de Roissiat en face de nous et c’est l’arrivée à l’auberge bien cotée du Grand Ronjon.Le temps de consulter les menus ; le circuit nous fait passer aux Montets dans un paysage qui laisse dubitatif Jacky au jeu des comparaisons avec sa Dombes natale!

Encore un petit effort avec le village de Cormoz en visu et le retour aux voitures approche pour le peloton qui s’est étoffé de 3 Baguenaudiers et de Claudine…



 

Cabane du Maquis jeudi 5 Mars 2026

 

Depuis le parking à proximité du Système U de Ceyzé , nous apercevons le relais ORTF sur la colline en face de nous , ce sera l’objectif de la journée . Mais ce site bien connu et visible des Burgiens se gravira par une voie douce,sans emprunter la directissime!Qui va piano va sano e lontano…Pas de temps d’adaptation pour la montée,on est vite dans le bain en allant tout à gauche.Le sentier serpente entre d’anciennes maisons bourgeoises avec des parcs biens entretenus et des parterres de fleurs et des magnolias qui sont épanouis.Le long des murets de pierre que de primevères,jonquilles,violettes,anémones sylvie.Le printemps est bien là et attention à la montée de la sève!La nature redémarre et les saules pleureurs verdissent à vue d’oeil.

Petit arrêt au hameau du Mt July pour admirer le paysage avec pause d’une couche,la montée nous a bien réchauffé et ceux qui sont partis en court ne le regrette pas!Photo de groupe à la passerelle des Vendangeurs et envoyée à Martine à qui l’on souhaite un prompt rétablissement.Encore un petit effort pour passer sous les réservoirs d’eau et la 1ère partie sélective sera terminée!Plus qu’à cheminer sur un replat avec un doux tapis d’aiguilles de pin où il faut rester vigilant avec les nombreux changements de direction!Et la dernière rampe annoncée se présente,parallèle à la route goudronnée.A l’avant du groupe l’on entend des éclats de voix,finalement cela ne doit pas être si dur que ça…

Arrivés non loin des émetteurs ,le peloton arrive « groupir ». Belle performance d’ensemble et on pourra attaquer d’ici un mois les randos à la journée d’un bon pas!Plus qu’à se glisser sur le plat descendant jusqu’aux Roches de Cuiron qui est un lieu incontournable pour observer le panorama de la Croix de la Dent jusqu’ à Jasseron en passant par Tréconnas à nos pieds.Il faut noter que beaucoup viennent faire de l’escalade sur des voies équipées!Ce sont aussi des lieux très prisés des traileurs que l’on rencontre régulièrement du côté du col de la Pérouse situé à la croisée des singles…

Impossible de louper la Cabane du Maquis ,les panneaux sont bien visibles et nous dirigent droit à ce lieu de mémoire.Nos pensées vont aux résistants de la seconde guerre mondiale qui préparaient leurs actions dans ces reliefs boisés et un dédale de troncs moussus.Le GR59 sur le Mont Muret nous offre tout ce que l’on cherche:pas de vent,pas trop chaud et plein d’arbrisseaux en fleurs en particulier les aubépines!C’est cool mais attention quand même de ne pas se tordre une cheville sur les pierres qui roulent.

La redescente se fera non pas direct sur Cheval Bugey mais au niveau du col des Vignes et préserver ainsi notre ossature déjà bien ébranlée par l’arthrose !.Finis la marche rythmée par nos pas et le choc de la pointe de nos bâtons sur les rochers!

On retrouve la civilisation avec le flot soutenu des véhicules qui rentrent du boulot sur la route dite du « Berthiand ».Le passage à niveau franchi,vite rejoignons le vallon d’en face où la rivière la Vallière prend sa source.Pas de passage à la cascade éponyme,les mollets se font durs…Retour aux voitures par le clocher tors,la place des cygnes,la Panouille et Elyane nous fait goûter sa spécialité:les bonbons à la violette!